Avis de condoléances et de tristesse de Sonia Guajajara pour deux nouveaux assassinats d’indiens Guajajara

Avis de condoléances et de tristesse de Sonia Guajajara pour deux nouveaux assassinats d’indiens Guajajara

C’est avec un profond chagrin et indignation que j’exprime mes plus sincères et vives condoléances aux familles de Firmino Silvino Guajajara et de Raimundo Guajajara qui ressentent en ce moment la douleur et la tristesse d’avoir perdu des êtres chers avec une telle brutalité qui a fait des victimes au sein du peuple Guajajara.
Les indigènes assassinés vivaient dans les villages de Silvino (Terre Indigène Cana Brava) et de Descendência Severino (Terre Indigène Lagoa Comprida), les deux dans le Maranhao, État où s’est également produit, il y a 35 jours, l’assassinat de Paulo Paulino Guajajara qui travaillait comme gardien de la forêt.

Je ressens un mélange de douleur et de révolte pour ce nouveau crime qui s’abat sur mon peuple Guajajara. Ce crime reflète l’escalade de haine et de barbarie incités par le spectre politique néfaste du gouvernement raciste et pervers de Jair Bolsonaro qui continue à nous attaquer quotidiennement, récusant notre droit d’exister et entretenant la maladie historique du racisme dont le peuple brésilien pâtit encore.

Nous sommes à la dérive, sans la protection de l’Etat brésilien dont le rôle constitutionnel est négligé par les autorités. Le gouvernement fédéral est un gouvernement hors-la-loi, criminel dans sa pratique politique et qui opère de manière génocidaire avec pour objectif de nous expulser de nos territoires, massacrant notre culture, faisant saigner nos racines.

Le climat de tension, d’insécurité et de persécution contre les peuples indigènes du Brésil ne fait qu’empirer. Nous sommes attaqués, décimés et il faut rappeler qu’une attaque contre la vie indigène est une attaque contre l’humanité, vu que nous sommes, peuples indigènes du monde entier, les défenseurs de 82% de la biodiversité globale.

Stop aux bains de sang!
Stop à l’impunité!

Nous exigeons que des mesures soient prises immédiatement et que Justice soit faite!

Nous exigeons que les autorités compétentes clarifient les faits et punissent sévèrement ces criminels afin que la sensation d’impunité ne motive plus ces actions criminelles contre notre peuple, en aneantissant brutalement des vies indigènes.

Sang Indigène : Pas Une Goutte de Plus!

Déclaration des organisations de la société civile  sur la crise de la déforestation et des incendies en Amazonie brésilienne

Déclaration des organisations de la société civile sur la crise de la déforestation et des incendies en Amazonie brésilienne

à l’occasion du sommet du G7 à Biarritz, en France (août 2019)

L’augmentation dramatique du nombre d’incendies en Amazonie brésilienne en 2019, avec 32 748 occurrences recensées entre le 1er janvier et le 14 août (60% de plus que la moyenne des trois années précédentes) à la suite d’une augmentation alarmante du rythme de la déforestation au cours de l’année écoulée , a provoqué l’indignation et des manifestations au Brésil et partout dans le monde, au point que cette question a été inscrite en urgence à l’ordre du jour du sommet du G7 qui se tient à Biarritz, en France.

Les problèmes de déforestation et d’incendies en Amazonie ont une longue histoire ; Cependant, l’aggravation de la situation en 2019 est une conséquence directe du comportement du gouvernement du président Jair Bolsonaro. Les facteurs qui intensifient la crise environnementale en Amazonie, associés au gouvernement fédéral, sont :

  • le refus de démarquer des terres indigènes, ainsi que les tentatives visant à ouvrir des territoires à l’exploitation minière, à la construction de barrages hydroélectriques et aux intérêts du secteur agroalimentaire, en violation de la Constitution Fédérale ;
  • le démantèlement délibéré et systématique des compétences opérationnelles de l’IBAMA, de l’agence environnementale fédérale, et des autres institutions chargées de la lutte contre les actes illégaux d’accaparement de terres publiques, de défrichage et d’incendies de forêts, d’exploitation forestière et minière ;
  • les déclarations publiques du président Bolsonaro sur son engagement à assouplir l’application de la loi et à suspendre les amendes pour activités illégales, en signalant clairement l’impunité qui encourage les crimes contre l’environnement ;
  • les restrictions budgétaires, la persécution des employés et le démantèlement de la structure de l’ICMBio, l’agence fédérale chargée de la gestion des zones protégées ;
  • l’effacement du cadre juridique régissant la concession de licences environnementales pour les projets d’infrastructures, d’exploitations minières ou agroalimentaires, réputés pour leurs impacts et risques sociaux et environnementaux élevés ;
  • l’abandon du Plan d’action pour la prévention et le contrôle de la déforestation en Amazonie (PPCDAm) lancé en 2004 et largement responsable d’une diminution importante des taux de déforestation entre 2005 et 2012 ;
  • la manipulation des agences responsables de la protection de l’environnement, par la nomination aux postes de plus hautes responsabilité du gouvernement de personnes liées aux intérêts immédiats de l’agroalimentaire et d’autres secteurs qui devraient être soumis à une réglementation publique ;
  • les tentatives de discréditer les institutions scientifiques du gouvernement fédéral chargées de surveiller la déforestation et les autres problèmes environnementaux, comme c’est le cas de l’Institut national de recherche spatiale (INPE).

L’augmentation de la déforestation et des incendies en Amazonie, associée à l’accaparement des terres et à l’exploitation illégale du bois et d’autres ressources naturelles, est directement liée à la montée d’actes de violence à l’encontre des peuples autochtones, des communautés traditionnelles et des mouvements sociaux; une violence restée impunie dans la grande majorité des cas. Pendant ce temps, le président Bolsonaro a encouragé la criminalisation des mouvements sociaux et des ONG, atteignant l’absurdité de les blâmer pour l’augmentation des incendies en Amazonie.

De tels actes, omissions et discours ont rendu le Brésil marginal aux yeux du monde, dans une région où le pays était auparavant un acteur de premier plan. Ceci constitue une menace pour l’Amazonie, le plus grand patrimoine des brésiliens, le bien-être de la population et le climat mondial, qui ne pourra pas supporter les émissions résultant de la destruction de l’Amazone. Ironiquement, cette situation menace désormais l’avenir du secteur agroalimentaire brésilien que le président prétend défendre.

Le gouvernement brésilien doit assumer de toute urgence la responsabilité de conduire une série de mesures associant des acteurs des secteurs public, privé et de la société civile afin de résoudre ce grave problème, incluant les actions concrètes suivantes :

  • un soutien efficient aux actions urgentes de lutte contre les atteintes à l’environnement liées à l’accaparement de terres publiques, à la déforestation, aux incendies et à l’exploitation illégale des ressources naturelles, dirigé par l’IBAMA et d’autres agences qui seront chargées du suivi et de l’application, avec des garanties sur le financement nécessaire ;
  • la levée des obstacles à la démarcation des terres indigènes, ainsi que reconnaissance des droits territoriaux des communautés quilombola et autres populations traditionnelles ;
  • l’arrêt des projets de loi visant à supprimer les protections environnementales, conformément à la récente proposition présentée par les anciens ministres de l’Environnement du Brésil ;
  • la restauration du comité de pilotage et la reprise des activités du Fonds Amazonien (Fundo Amazônia) ;
  • la reprise du plan d’action pour la prévention et le contrôle de la déforestation en Amazonie et dans la savane tropicale voisine (Cerrado), en garantissant des ressources financières suffisantes, la transparence et la participation des entités gouvernementales et de la société civile.

Dans le même temps, nous exhortons les pays membres du G7 présents au Sommet de Biarritz à prendre des mesures concrètes pour:

  • garantir des mécanismes efficaces pour éviter les importations de produits en provenance des secteurs de l’agroalimentaire, des industries extractives et du bois en provenance de zones caractérisées par une déforestation récente et des violations des droits de l’homme en Amazonie ;
  • mettre en œuvre des politiques efficaces de prévention et de « diligence raisonnable » pour les investissements des entreprises et des institutions financières dans des projets en Amazonie impliquant des niveaux de risque élevés et des violations des droits de l’homme et de la législation environnementale ;

en cas de changement effectif des positions du gouvernement Bolsonaro, contribuer aux efforts du gouvernement et de la société pour lutter contre la déforestation et les incendies en Amazonie, avec les moyens nécessaires à la mise en œuvre de politiques de lutte contre le changement climatique conformes à l’objectif de 1,5 ° C de l’Accord de Paris.

Le 26 août 2019

Organisations co-signataires

Articulação dos Povos Indígenas do Brasil – APIB Associação Terra Indígena do Xingu – ATIX Associação Floresta Protegida
Associação Alternativa Terrazul
Associação das Comunidades Montanha e Mangabal Associação Indígena Aldeia Maracanã- AIAM Associação de Pesquisa Xaraiés MT
Articulação pela Convivência com a Amazônia – ARCA
Articulação Internacional de Atingido(a)s pela Vale
Articulation des peuples autochtones du Brésil – APIB Association des terres autochtones Xingu – ATIX Association de forêt protégée
Association alternative Terrazul
Association des Communautés Montagne et Mangabal Association indigène du village de Maracanã – AIAM Association de recherche Xaraiés MT
Articulation pour vivre avec l’Amazone – ARCA Articulation internationale des personnes par Vale Amazon Watch
Amazon Watch
Coordenação das Organizações Indígenas da Amazônia Brasileira – COIAB
Coordenação Nacional de Articulação das Comunidades Negras Rurais Quilombolas – CONAQ Cáritas Brasileira Regional Minas Gerais
Centro de Formação do Negro e Negra da Transamazônica e Xingu
Clínica de Direitos Humanos – UFMG Coletivo de Mulheres do Xingu
Comitê Nacional em Defesa dos Territórios Frente a Mineração
Coletivo Mura de Porto Velho
Comitê em Defesa da Vida Amazônia na Bacia do Rio Madeira
Conectas Direitos Humanos
Conselho Indigenista Missionário – CIMI Fórum Mudanças Climáticas e Justiça Social Fórum da Amazônia Oriental – FAOR
Fórum em Defesa de Altamira Fórum Bem Viver
Fundação Darcy Ribeiro GT Infraestrutura Greenpeace Brasil Instituto Raoni Instituto Makarapy Instituto Kabu
Instituto Socioambiental – ISA Instituto Madeira Vivo – IMV Instituto Fronteiras International Rivers – Brasil
Movimento dos Trabalhadores Rurais Sem Terra – MST
Movimento de Mulheres Campesinas – MMC Movimento pela Soberania Popular na Mineração- MAM
Movimento Fechos Eu Cuido Movimento Tapajós Vivo Movimento Xingu Vivo para Sempre Mutirão Pela Cidadania
Operação Amazônia Nativa – OPAN Pacto das Águas
Planète Amazone Proteja Amazônia
Rede de ONGs da Mata Atlântica – RMA Rede GTA
Rede Brasileira de Arteducadores – ABRA Rios de Encontro – Marabá
Sindiquímica – PR Uma Gota no Oceano WWF-Brasil
Coordination des organisations autochtones de l’Amazonie brésilienne – COIAB
Coordination nationale des communautés noires rurales Quilombola – CONAQ
Caritas Brésilienne Régionale Minas Gerais
Centre de Formation Afro Brésilien Transamazon et Xingu
UFMG Human Rights Clinic Collectif féminin Xingu
Comité national de défense des territoires contre l’exploitation minière
Collectif Mura de Porto Velho (Rondônia)
Comité de défense de la vie amazonienne le bassin de la rivière Madeira
Conectas Droits de l’homme
Conseil des missionnaires indiens – CIMI
Forum sur le changement climatique et la justice sociale
Forum amazonien de l’Est – FAOR Forum dans la défense d’Altamira Forum Bien vivre
GT Infrastructure Greenpeace Brésil Institut Raoni Institut de Makarapy Institut Kabu
Institut Socio-Environnemental – ISA Institut du Madeira Vivant – IMV Institut des frontières
International Rivers – Brésil
Mouvement des travailleurs ruraux sans terre – MST Mouvement des femmes paysannes – MMC Mouvement pour la souveraineté populaire dans le secteur minier-MAM
Fermoirs Mouvement I Care Mouvement Tapajós vivant Mouvement Xingu vivant pour toujours Mutirão pour la citoyenneté
Opération Native Amazon – OPAN Pacte de l’eau
Planéte Amazone Protégez Amazon
Réseau d’ONG forestières de l’Atlantique – RMA Réseau GTA – Groupe de Travail Amazon
Réseau brésilien d’éducateurs artistiques – ABRA Rencontre avec Rivers – Marabá
Sindiquimica – PR
Une goutte dans l’océan WWF-Brésil

Note de rejet contre le processus de destruction de l’Amazonie par le gouvernement Bolsonaro

Note de rejet contre le processus de destruction de l’Amazonie par le gouvernement Bolsonaro

La Coordination des organisations autochtones de l’Amazonie brésilienne (COIAB) exprime son extrême préoccupation concernant la destruction rapide de la forêt amazonienne, foyer de nos familles et source de toutes les ressources dont nous avons besoin pour vivre. Les taux record de déforestation et de départs de feu (intimement liés) sont la conséquence des discours génocides “anti-indigènes” et “anti-environnementaux” de ce gouvernement. Les bûcherons, les accapareurs de terres et les propriétaires irresponsables profitent de l’affaiblissement de la surveillance environnementale pour avancer sur notre foyer : l’Amazonie. L’affaiblissement de l’application de la Loi est le résultat du discours de Bolsonaro et des attaques violentes contre la forêt amazonienne et les familles indigènes qui y vivent. La déforestation et la vague record des incendies détruisent des zones de protection environnementales (ZPE) et nos territoires. Les comportements de ce gouvernement génèrent ainsi de graves conséquences pour notre survie actuelle et future.

Par exemple, nous attirons l’attention sur les incendies qui ravagent actuellement l’île de Bananal, dans l’Etat du Tocantins ; et la Terre indigène Apyterewa au sud de l’Etat du Pará, où vivent des peuples indigènes, y compris des groupes en isolement volontaire. Les incendies sont en train de détruire les forêts restantes dans ces régions, espaces vitaux pour la survie de nos familles.

L’Etat du Mato Grosso est le plus touché par le nombre de départs de feu. En plus d’une forte industrie agroalimentaire, il est également le foyer de beaucoup de nos familles, mais aussi de peuples isolés. La présence de beaucoup d’entre eux n’a pas encore été reconnue par l’état brésilien, et il se peut qu’ils soient en train de fuir ou de souffrir de violence structurelle à cause des taux élevés de déforestation et de départs de feu.

Les Etats du Pará, Mato Grosso et Amazonas sont les leaders en termes de déforestation cette année, et c’est précisément dans ces Etats que vit une population importante de notre peuple, ainsi que la majorité des derniers peuples isolés du Brésil.

Nous n’admettrons pas une telle destruction de nos foyers… Amazonas!

Ils veulent en finir avec toi, mais nous résisterons. Pour toi et pour nous, nous lutterons !

PLUS UNE GOUTTE DE SANG DE PLUS !

Les femmes indigènes publient un document final avec leurs revendications et propositions

Les femmes indigènes publient un document final avec leurs revendications et propositions

En conclusion de six jours d’activités, l’organisation de la 1e Marche des Femmes Indigènes a publié un document final abordant les thèmes débattus, les principales revendications et les propositions des 2 500 femmes présentes, représentant 130 peuples de tout le Brésil. La rencontre s’est déroulée du 9 au 14 août à Brasilia.

Elle a inclus des sessions plénières, des actes, l’occupation du Sesai, des réunions avec des autorités comme la ministre de la Cours Supreme Carmem Lúcia, une session solennelle a la Chambre des Députes, entre autres activités.

Le document lu en groupe ce mercredi 14 août après-midi reprend des points comme la défense du territoire, la lutte contre les violences, la promotion de la santé indigène, la valorisation des savoirs traditionnels et le respect de l’ancestralité et les droits indigènes. Découvrez le document dans son intégralité :

Document final de la Marche des Femmes Indigènes: “Territoire : notre corps, notre esprit”

Si vous blessez notre existence, nous serons résistance
Nous, 2 500 femmes provenant de plus de 130 peuples indigènes différents, représentant toutes les régions du Brésil, réunies à Brasilia (DF), du 10 au 14 août 2019, et concevant collectivement cette grande rencontre marquée par la réalisation de notre premier Forum et de notre première Marche des Femmes Indigènes, voulons déclarer au monde que nous sommes dans un processus permanent de lutte pour défendre le “Territoire : notre corps, notre esprit”.

Pour que nos paroles fassent écho dans le monde entier, nous réaffirmons nos revendications.

En tant que femmes, leaders et guerrières, génératrices et gardiennes de la vie, nous nous positionnerons sur ces enjeux et combattrons les violations subies par nos corps, nos esprits, nos territoires. En semant nos graines, nos rituels et notre langue, nous allons garantir notre existence.

La Marche des femmes indigènes a été pensée comme un processus de formation et d’autonomisation des femmes indigènes, entamé en 2015. Au cours de ces dernières années, nous avons dialogué avec des femmes de divers mouvements et nous nous sommes rendu compte que notre mouvement possède une spécificité ; nous souhaitons qu’elle soit comprise. Le mouvement provoqué par notre danse de lutte considère qu’il est nécessaire d’en revenir à la complémentarité du féminin et du masculin, sans pour autant conférer une essence à l’homme et à la femme. Le machisme est une autre épidémie apportée par les Européens. Ainsi, ce qui est considéré comme une violence par les femmes non indigènes peut ne pas l’être pour nous. Cela ne signifie pas que nous fermerons les yeux devant les violences que nous reconnaissons dans nos villages, mais plutôt que nous devons considérer nos pratiques quotidiennes et nos formes d’organisation politique contemporaines, l’intention étant précisément de contrebalancer, problématiser et apporter des réflexions critiques sur ces dernières. Nous devons dialoguer et renforcer le pouvoir des femmes indigènes, en nous appuyant sur nos valeurs et nos mémoires matriarcales pour faire progresser nos revendications sociales, concernant nos territoires.

Nous nous opposons totalement aux discours, aux objectifs et aux actions du gouvernement actuel, qui expose clairement son intention d’exterminer les peuples indigènes, pour envahir nos territoires et les exploiter de façon génocide au nom du capital. Cette manière de gouverner revient à déraciner un arbre du sol, en laissant ses racines exposées jusqu’à ce qu’il se dessèche. Nous sommes ancrées dans la terre, car c’est en elle que nous cherchons nos ancêtres et c’est à travers elle que nous nourrissons nos vies. Par conséquent, le territoire n’est pas pour nous un bien pouvant être vendu, échangé, exploité. Le territoire est notre propre vie, notre corps, notre esprit.

Défendre nos droits territoriaux, c’est défendre notre droit de vivre. La vie et le territoire ne font qu’un, car la terre est la source de notre nourriture, de notre médecine traditionnelle, de notre santé et de notre dignité. Perdre notre territoire, c’est perdre notre mère. Celui qui a un territoire, une mère, a une épaule sur laquelle s’appuyer. Et cet appui permet de guérir.
Lorsque nous prenons soin de nos territoires, qui font déjà naturellement partie de notre culture, nous assurons le bien de toute la planète, car nous prenons soin des forêts, de l’air, des eaux, des sols. La plus grande partie de la biodiversité de la planète est sous la protection des peuples indigènes et nous contribuons ainsi au maintien de la vie sur terre.

La liberté de nous exprimer dans nos propres langues est également pour nous fondamentale. Beaucoup d’entre elles sont toujours vivantes. Elles ont résisté aux violences coloniales qui nous ont obligé à parler une langue étrangère et à l’effacement de nos propres façons d’exprimer nos expériences. Nous, femmes, avons un rôle significatif à jouer pour transmettre la force de nos connaissances ancestrales, à travers la transmission du langage.

Nous voulons que notre façon différenciée de voir le territoire soit respectée, ainsi que notre manière de le sentir, de l’être et de le vivre. Sachez que pour nous, la perte du territoire signifie un manque d’affect, cela nous remplit d’une profonde tristesse et touche notre esprit. Le sentiment de violation du territoire est similaire à celui d’une mère qui perd son enfant. C’est un gaspillage de vie. C’est une perte du respect et de la culture, un déshonneur envers nos ancêtres, qui ont été les responsables de ces créations. C’est un manque de respect envers ceux qui sont morts pour la terre. C’est la perte du sacré et du sens de la vie.

Ainsi, tout ce qui est proposé et mis en œuvre par le gouvernement actuel s’oppose directement à cette façon de protéger et soigner la Mère Terre, en anéantissant les droits que nous avons conquis après tant de lutte. La non-démarcation des terres indigènes, l’incitation à la libération de l’exploitation minière et des concessions, la tentative de flexibilisation des permis environnementaux, le financement de l’armement dans les campagnes, le démantèlement des politiques indigénistes et environnementales en sont la preuve.

Notre devoir en tant que femmes et leaders indigènes est de renforcer et valoriser nos connaissances traditionnelles, de protéger nos savoirs, nos ancestralités et notre culture, en connaissant et défendant nos droits, et en honorant la mémoire de celles qui sont venues avant nous. Il s’agit de savoir lutter à notre manière pour potentialiser la pratique de notre spiritualité et écarter tout ce qui nuit à notre existence.

Pour cette raison et par le biais des réseaux que nous avons tissés durant cette rencontre, nous déclarons au monde que nous allons lutter inlassablement afin de :

1. Garantir la démarcation des terres indigènes, car violer notre Terre Mère, c’est violer notre propre corps et notre vie ;

2. Assurer notre droit à la pleine possession de nos territoires, en défendant ces derniers et en exigeant que l’état brésilien interdise l’exploitation minière qui nous empoisonne avec son mercure et autres substances toxiques, les concessions et la convoitise de l’agroalimentaire, et les invasions illégales pour s’emparer de nos ressources naturelles et les utiliser uniquement pour en tirer profit, sans se soucier de la préservation de la vie et de la planète ;

3. Garantir pour nos peuples le droit illimité à des services de santé différenciés, par le maintien et l’amélioration du Sous-système et du Secrétariat Spécial à la Santé Indigène (SESAI). Nous défendons et continuerons à défendre les services publics offerts par le SUS, ainsi que le maintien et le renforcement continu de la Politique Nationale de Services de Santé pour nos peuples, aussi bien dans notre territoire que dans des contextes urbains.
Nous n’acceptons pas la privatisation, ou bien le transfert aux municipalités ou aux Etats, des services de santé pour nos peuples ;

Nous luttons et continuerons à lutter pour que la gestion du SESAI soit exercée par des professionnels ayant des qualifications techniques et politiques nécessitant la compréhension des spécificités liées aux services médicaux pour les peuples indigènes. Il ne suffit pas d’avoir une indigène à la tête de l’organisme. Nous devons assurer une gestion réactive de toutes les questions qui nous sont chères dans ce domaine, en respectant nos pratiques traditionnelles de promotion de la santé, nos médecines traditionnelles, nos sages-femmes et nos modes d’accouchement naturels, ainsi que les savoirs de nos leaders spirituels. Selon nos sciences indigènes, la santé ne découle pas seulement de la prescription de principes actifs, la guérison résulte d’interactions subjectives, émotionnelles, culturelles et fondamentalement spirituelles ;

4. Exiger de la Cours Suprême Fédérale (STF) qu’elle n’autorise ni ne légitimise aucune réinterprétation rétrograde et restrictive du droit originel à nos terres traditionnelles. Nous espérons que, lors du jugement de l’Appel Extraordinaire 1 017 365 lié à l’affaire Ibirama Laklanõ, terre indigène du peuple Xokleng, qui fera jurisprudence, le STF réaffirmera l’interprétation de la Constitution brésilienne conformément à la thèse de l’Indigenato (Droit Originel) et exclura définitivement toute possibilité d’acceptation de la thèse du Fait Indigène (Jalon Temporel) ;

5. Exiger du pouvoir judiciaire, dans le cadre de l’égalité de tous devant la loi, qu’il fasse valoir le droit à la différence et, ainsi, notre droit d’accès à la justice. Assurer une société juste et démocratique signifie garantir le droit à la diversité, qui est également prévu dans la Constitution. Nous exigeons le respect des traités internationaux signés par le Brésil, qui incluent, entre autres, la Convention 169 de l’Organisation Internationale du Travail (OIT), les Conventions de la Diversité Culturelle, Biologique et du Climat, la Déclaration de l’ONU sur les Droits des Peuples Indigènes et la Déclaration Américaine des Droits des Peuples Indigènes ;

6. Promouvoir une plus grande représentativité des femmes indigènes dans les espaces politiques, au sein et en dehors des villages, et dans tous les milieux ayant une importance pour la mise en place de nos droits. Il ne suffit pas de reconnaitre nos discours, il faut aussi reconnaitre les narratrices de ces discours. Nos corps et nos esprits doivent être présents dans les espaces de prise de décision ;

7. Combattre la discrimination subie par les indigènes dans les espaces de décision, en particulier par les femmes, qui sont victimes non seulement de racisme, mais aussi de machisme ;

8. Défendre le droit de tous les êtres humains à une alimentation saine, sans agrotoxiques et nourrie par l’esprit de la Mère Terre ;

9. Assurer le droit à une éducation différenciée pour nos enfants et nos jeunes, qui soit de qualité, qui respecte nos langues et valorise nos traditions. Nous exigeons la mise en œuvre des 25 propositions de la deuxième Conférence Nationale et des territoires ethno-éducatifs, ainsi que la restauration des conditions et des espaces institutionnels, comme la Coordination Générale de l’Enseignement Scolaire Indigène, au sein de la structure administrative du Ministère de l’Éducation, pour assurer notre implication dans la formulation de la politique d’enseignement scolaire indigène et la réponse à nos demandes, comme par exemple, l’amélioration de l’infrastructure des écoles indigènes, la formation et le recrutement d’enseignants indigènes et l’élaboration de supports pédagogiques différenciés ;

10. Garantir une politique publique indigéniste qui contribue efficacement à promouvoir et à garantir nos droits et qui planifie, mette en œuvre et accompagne de manière participative, en dialoguant avec nos organisations, des actions qui prennent en compte nos diversités et les sujets prioritaires du Mouvement Indigène ;

11. Réaffirmer la nécessité d’une législation spécifique pour combattre les violences contre les femmes indigènes, qui soit culturellement adaptée au contexte de nos peuples. Les politiques publiques doivent tenir compte des spécificités, de la diversité et des contextes sociaux de chaque peuple, en respectant nos concepts de famille, d’éducation, de phases de la vie, de travail et de pauvreté ;

12. Continuer à soutenir l’autonomisation des femmes indigènes en les informant, en les formant et en les sensibilisant sur nos droits, pour garantir leur plein accès à l’éducation formelle (enseignement fondamental, secondaire et supérieur) et également promouvoir et valoriser les savoirs indigènes des femmes ;

13. Consolider le mouvement indigène, en y agrégant des connaissances sur le genre et les générations ;

14. Combattre de façon irréductible et non négociable des positions racistes e anti-indigènes. Nous exigeons la fin de la violence, de la criminalisation et de la discrimination de nos peuples et de nos leaders, pratiquées y compris par des agents publics, et ainsi assurer la punition des responsables, la réparation des dommages causés et l’engagement du gouvernement à protéger nos vies.

Enfin, nous réaffirmons notre engagement pour renforcer les alliances entre les femmes issues de tous les secteurs de la société au Brésil et dans le monde, ruraux et urbains, ainsi que des femmes de la forêt et des eaux, dont les droits et le mode de vie sont menacés.

Nous avons la responsabilité de planter, transmettre, transcender et partager nos savoirs, comme l’ont fait nos ancêtres et tous ceux qui nous ont précédés, contribuant ainsi à ce que nous nous fortifions ensemble et sur un pied d’égalité avec les hommes, que nous avons engendrés, ainsi que notre force de lutte, de décision, de représentation, et de prendre soin de notre territoire.

Nous avons la responsabilité de féconder et de préserver notre sol sacré. Nous serons toujours des guerrières, pour protéger nos peuples et la Mère Terre.

Brasilia (DF), le 14 août 2019.

Brasilia est recouverte de couleur urucum par 3 000 femmes indigènes

Brasilia est recouverte de couleur urucum par 3 000 femmes indigènes

Par Luma Lessa, couverture collaborative de la Marche des Femmes Indigènes

Environ 3 000 femmes indigènes ont manifesté lors de la première Marche des Femmes Indigènes sous le soleil ardent de Brasilia, ce 13 août au matin. Bravant les distances continentales du Brésil, des femmes provenant de 113 peuples ont peint d’urucum, peinture de couleur rouge extraite d’un fruit typique du Brésil, les rues du District Fédéral. Sônia Guajajara a souligné que le Président Bolsonaro a déclaré la guerre aux peuples indigènes en disant qu’il ne démarquera pas un seul centimètre de plus de leurs terres. “Ils ne le pourrons pas face à nous, avec notre force, avec notre diversité. Nous allons ensemble défendre la mère terre”, a poursuivi la coordinatrice de l’Articulation des Peuples indigènes du Brésil (APIB).

D’autres leaders indigènes ont invoqué la force des femmes présentes, des ancêtres et des esprits, pour protester contre le gouvernement actuel. Les délégations se sont organisées avec des banderoles, des mots d’ordre et des danses pour défendre les droits des peuples et des femmes indigènes, ainsi que le respect de la nature. Les femmes ont exigé la démarcation des territoires, ainsi qu’un accès différencié à l’éducation et à la santé pour les peuples indigènes. Outre ces appels, elles ont continué à demander le départ de Silvia Nobre, l’actuelle secrétaire du Sesai, qui selon elles ne les représente pas. Plusieurs ont aussi protesté contre l’exploitation minière en réaction à la proposition de la PEC 187, un projet de règlementation de l’exploitation économique des terres indigènes. Une des leaders s’est interrogée : “quel est ce genre de développement qui tue, qui est conçu pour le peuple brésilien sans le peuple brésilien ?”. Devant le Ministère de l’Environnement, des leaders ont insisté sur le fait que les peuples indigènes pensent non pas au présent, mais au futur. Le territoire est la source de vie des peuples indigènes et de la planète, fournissant des aliments aux campagnes et aux villes.

La marche représente un moment historique pour renforcer le rôle des femmes indigènes. Elisa Pankararu a défendu l’idée que le corps de chaque femme présente est un territoire, une résistance indigène et ancestrale.

“C’est nous, femmes indigènes, avec nos corps, qui allons décoloniser la société brésilienne qui tue notre histoire et notre mémoire ”, a déclaré Célia Xacriabá.

Pour cette raison, elles ont souligné l’importance de combattre les violences faites aux femmes, les discriminations et le racisme. Dans une perspective d’union des luttes, la Marche des Femmes Indigènes s’est jointe au ‘tsunami de l’éducation’ devant le Congrès National, aux côtés des étudiants, des professionnels de l’éducation, des mouvements sociaux et de parlementaires. Ils ont interpellé les personnes présentes en leur demandant : “Où que vous soyez, soutenez la cause indigène”.

Au même moment, une délégation de femmes indigènes a participé à une Session Solennelle de la Chambre des Députés en hommage aux Margaridas. A force de pressions, les indigènes ont obtenu la tenue d’une autre session qui leur a été spécialement consacrée ce mardi après-midi. Les activités de la dernière journée ont consisté à appuyer la Marche des Margaridas, le 14/08 au matin, suivi l’après-midi par une plénière abordant des thèmes communs aux deux marches.

Des femmes indigènes provenant de plus de 100 peuples se réunissent pour manifester mardi

Des femmes indigènes provenant de plus de 100 peuples se réunissent pour manifester mardi

Par Luma Lessa, traduction par Juliette Borges, couverture collaborative de la Marche des femmes indigènes

Le jour s’est levé dimanche (08/11) avec les présentations culturelles de délégations de femmes provenant de plus de 100 peuples indigènes au Brésil. Environ 1 500 femmes indigènes se sont ensuite rassemblées pour les activités du Forum National des Femmes Indigènes. Sonia Guajajara a préparé le terrain en invitant les femmes de 21 États pour débattre sur le thème “Territoire : notre corps, notre esprit”. Les discussions ont porté sur la formulation d’exigences et de stratégies concrètes des femmes indigènes pour leur autonomisation, la violation des droits à la santé, l’éducation et la sécurité, le droit à la terre, les processus engagés pour la récupération de cette dernière et l’occupation des femmes indigènes en politique.

Dans l’après-midi, des invités ont discuter la mise en réseau des mouvements. Lors de la Table Ronde sur les Alliances Internationales, ont participé la députée fédérale Joênia Wapichana (Rede-RR), des femmes indigènes d’Amérique latine, des députées indigènes du Pérou et de l’Équateur ainsi qu’une représentante de l’ONU Femmes au Brésil. Une Table Ronde des Alliances Nationales s’est également déroulée, avec la participation de représentants de l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil (APIB), de la Marche des Marguerites (Marcha das Margaridas), des Femmes Noires (Mulheres Negras), de l’Articulation des Femmes Brésiliennes (AMB) et de la Coordination Nationale des Communautés Noires Rurales Quilombolas (CONAQ).

La journée du lundi 12/08 a été consacrée à la loi « SASI-SUS sur les femmes indigènes pour la défense de la santé des populations indigènes». La marche a quitté le campement de la Funarte en direction du Secrétariat Spécial à la Santé Indigène (Sesai). La première manifestation de la première Marche des Femmes Indigènes a envahi les rues de Brasilia pour protester contre la fin de la municipalisation du Sesai et exiger le départ immédiat de Silvia Nobre, la coordinatrice actuelle. En dépit de la tentative de la police militaire de bloquer l’entrée des indigènes dans le bâtiment du Secrétariat, les femmes ont réussi à entrer et à occuper l’espace. La journée s’est terminée par une audience d’une délégation de femmes à la Cour suprême (STF).

La marche se poursuivra demain, 13 août, partant du campement de la Funarte à 7 heures du matin vers l’esplanade des ministères. Elle se joindra à l’Acte National Contre le Démantèlement de l’Education Publique, prévue à 9 heures. Au même temps aura lieu une Session solennelle de la Chambre des Députés avec les Marguerites (Margaridas), femmes du champ et de la forêt. Dans l’après-midi se dérouleront des ateliers et des activités avec ces dernières dans le Parque da Cidade, suivies de l’ouverture de la marche des Marguerites à 19h au même endroit.

La Marche des femmes indigènes s’achève mercredi (14/08), en joignant ses forces à la Marche des Marguerites. La rencontre des marguerites et des indigènes aura lieu à la Funarte. L’attente est d’environ 100 mille personnes pour les marches du 13 et 14 août. La dernière activité du 14, prévue à 14h, sera une plénière pour l’approbation du Document Final sur le thème “Arroser les graines : l’avenir du Forum et de la Marche des Femmes indigènes”. Au bout du compte, les délégations regagneront leurs lieux d’origine avec une force renouvelée et des stratégies communes, partagées par les femmes indigènes de divers peuples et les paysannes au cours de ces journées intenses de mobilisation de la plus grande action féminine en Amérique latine.

La première Marche des Femmes Indigènes réunira 2000 personnes à Brasilia

La première Marche des Femmes Indigènes réunira 2000 personnes à Brasilia

Art @crisvector / @designativista

Du 9 au 13 août prochains, aura lieu à Brasília, la 1º Marche des Femmes Indigènes qui réunira 2000 femmes parmi les peuples les plus différents de tout le Brésil.

Sur le thème « Territoire : notre corps, notre esprit », l’objectif est de donner une visibilité aux actions des femmes indigènes, au travers de questions inhérentes à leurs réalités diverses, en reconnaissant et soutenant leurs protagonistes et leurs capacités dans la défense et la garantie des droits humains, et en particulier le soin de la terre mère, du territoire, du corps et de l’esprit.
La Marche des Femmes Indigènes sera beaucoup plus que ce que son intitulé suggère.

La proposition est de fédérer une grande rencontre de femmes indigènes du 9 au 12 août. Le « Forum National des Femmes Indigènes » va discuter des questions soulevées pendant la séance plénière des femmes du ATL 2019, suite à la Marche des Femmes Indigènes du 13 août.

Dans une démarche d’unité et de soutien, l’idée est de nous joindre à la Marche des Marguerites, acte qui réunit les femmes des champs et de la forêt, dans une grande manifestation nationale en faveur des droits et rôles de la femme, à partir d’une vision nouvelle de développement durable et de justice sociale.

Le Forum National des Femmes Indigènes est devenu nécessaire en raison des attaques envers les droits indigènes qui, avec la politique conjoncturelle actuelle, se répandent au Brésil et exigent une réaction immédiate, principalement parce que ce sont les femmes les plus impactées par le commerce agricole, les changements climatiques, le machisme et le racisme.

Par ailleurs, le 9 août est la commémoration du jour international des peuples indigènes, date très symbolique qui sera également célébrée pendant le Forum.

La rencontre sera organisée avec les ressources des indigènes eux-mêmes, avec l’appui d’organisations partenaires et de donations obtenues sur la « Vakinha » (financement participatif) : http://bit.ly/MarchaMulheresIndigenas.

Votre contribution est essentielle pour garantir le voyage des organisatrices et la réalisation de la rencontre.

Vous pouvez également participer en offrant des « Miles » de voyage, des vivres, des couvertures ou petits matelas pour ceux qui seront présents à Brasilia.

Plus d’informations sur : [email protected]

Déclaration de l’APINA sur l’invasion de la terre autochtone Wajãpi

Déclaration de l’APINA sur l’invasion de la terre autochtone Wajãpi

Nous, le Conseil des villages Wajãpi – APINA, souhaitons rendre publiques les informations disponibles à ce jour sur l’invasion de la Terre autochtone Wajãpi.

Le lundi 22 juillet, à la fin de la soirée, le chef autochtone Emyra Wajãpi a été violemment assassiné dans la région de son village appelé Waseity, près du village Mariry. Personne du peuple n’a été témoin du meurtre, qui n’a été remarqué et diffusé aux autres communautés Wajãpi que le lendemain matin (le mardi, 23 juillet). Au cours des jours qui ont suivi, des membres de la famille du chef Emyra se sont rendu.e.s sur le site où a eu lieu le crime et ont trouvé des traces et des indices indiquant que l’assassinat avait été perpétré par des personnes non-autochtones provenant de l’extérieur du territoire autochtone Wajãpi.

Le vendredi 26 juillet, les Wajãpi du village d’Yvytotõ, situé dans la même région où l’assassinat s’est produit, ont vu un groupe de non-autochtones armés près de leur village. Ensuite, ils.elles ont prévenu les autres communautés Wajãpi par radio. Au cours de la même nuit, les envahisseurs se sont rendus au village d’Yvytotõ et se sont installés dans une maison, menaçant les habitant.e.s. Effrayé.e.s, les villageois.e.s d’Yvytotõ se sont enfui.e.s et sont arrivé.e.s au village de Mariry, situé à proximité, le lendemain matin.

Vendredi soir, nous avons informé le gouvernement fédéral, par l’intermédiaire de la Fondation nationale des autochtones (FUNAI), et le ministère fédéral public brésilien au sujet de cette l’invasion. À cette occasion, nous avons demandé la présence de la police fédérale sur place. Tôt dans la matinée du samedi 27 juillet, les habitant.e.s du village Karapijuty ont aperçu un autre envahisseur près de leur village.

Samedi, nous avons diffusé les faits à nos allié.e.s, dans le but de hâter la venue de la police fédérale. En outre, un groupe de guerriers Wajãpi d’autres régions de la Terre autochtone s’est rendu dans au village de Mariry pour aider ses résident.e.s jusqu’à l’arrivée de la police fédérale. Dans l’après-midi de samedi, des représentant.e.s de la FUNAI sont arrivé.e.s à la Terre autochtone Wajãpi et se sont rendu.e.s au village Jakare pour interroger les membres de la famille du chef décédé. Peu de temps après, les représentant.e.s de la FUNAI sont revenu.e.s à Macapá (capitale de l’état du Amapá, Brésil) pour contacter la police fédérale. Pendant ce temps, les guerriers Wajãpi montaient la garde près de l’endroit où se trouvaient les envahisseurs et au long des villages situés sur la route de sortie de la Terre autochtone Wajãpi. Dans la même nuit, des personnes ont entendu des coups de feu dans la région du village Jakare, près de l’autoroute 210.

Le 28 juillet matin, un groupe de policiers fédéraux et les forces spéciales de police sont arrivés à la Terre autochtone Wajãpi pour arrêter les envahisseurs. Et c’est tout ce que nous savons jusqu’à présent. Une fois que nous aurons plus d’informations, nous publierons un nouveau communiqué.

Posto Aramirã – Terre autochtone des Wajãpi, le 28 juillet 2019.

Bolsonaro’s government treats armed attack to the Free Land Camp of indigenous peoples

Bolsonaro’s government treats armed attack to the Free Land Camp of indigenous peoples

Following the intention to exterminate the indigenous peoples of Brazil, the Jair Bolsonaro government intensifies his position when it was still a federal deputy, when he stated on April 15, 1998, that “the Brazilian cavalry was very incompetent. Competent, yes, it was the American cavalry that decimated its Indians in the past and nowadays does not have that problem in their country. ”

This morning we received the news that his minister Sérgio Moro published the Ordinance n. 441 which authorizes the use of national security force in the esplanade of the ministries and in the place of the three powers during the next 33 days. This measure was encouraged by the Institutional Security Office (GSI) and has as one of the motivators the Free LanD Camp(ATL), which will take place in Brasília from the 24th to 26th of April. It is not excessive to mention that Decree 5289/2004, which bases the aforementioned decree, provides as an action to be developed by the National Security Force, with the support of civil servants, the exact opposite of what is intended with the use of force, that is , to support actions aimed at the protection of individuals, groups and organs of society that promote and protect human rights and fundamental freedoms.

The Free Land Camp is a meeting of national and international indigenous leaders that seeks to exchange cultural experiences and the struggle for the guarantee of our constitutional rights, such as the demarcation of their territories, access to health, education and indigenous social participation. The Camp has been going on for more than 15 years always in a peaceful character, seeking to give visibility to Indigenous peoples daily struggles, always made invisible by the authorities. If it is in the interests of General Augusto Heleno to discourage the use of violence against the native indians, why can’t he stand for the people that is been suffering violence and having their families and relatives killed for over 500 years?

“What are you afraid of? Why do they deny us the right to be in this place? Why do they insist on denying our existence? In binding us to interests other than ours? In speaking for us and lying about us?” 

The camp is not financed with public money as President Jair Bolsonaro said, he is self-financed with the help of several collaborators and only happens because of the sweat of so many that make it happen.

Unfortunately the government is not willing to listen to them and does not help with anything, which to our understanding should be its role. It is necessary to end the binge with the public money and this will not be done with the shutting down of the minimum salary, or cuts in health and education. It can only be done with the end of corruption, the checks, the fakes job titles or so many other scandals we see in this government. 

“Stop inciting that the people are against us! We are not violent, violent is those who attack the sacred right to free demonstration with armed troops, the right to come and go from so many Brazilians who have walked and walked these lands since much before 1500.”

The history of our existence is the history of the tragedy of this model of civilization endorsed by the present government that puts profit on top of life, we are the living resistance, and in the last 519 years we have never cowered before the armed men who wanted tell us what our place was, now it will be no different. We will continue to march, with the strength of our ancestral culture, being the resistance to all these attacks that we are suffering.

Tell the peoples we will move!

Gobierno Bolsonaro amenaza al Campamento nacional indigena Tierra Libre

Gobierno Bolsonaro amenaza al Campamento nacional indigena Tierra Libre

Siguiendo la intención de exterminar a los pueblos indígenas de Brasil, el gobierno Jair Bolsonaro intensifica su posición de cuando el Presidente aún era diputado, cuando afirmó el 15 de abril de 1998, que “la caballería brasileña fue muy incompetente. “Competente, fue la caballería norteamericana, que diezmó a sus indios en el pasado y hoy en día no tiene ese problema en su país”.

En la mañana de hoy recibimos la noticia de que su ministro de justicia y seguridad pública, Sérgio Moro, publicó el decreto n. 441 que autoriza el uso de la fuerza nacional de seguridad en la explanada de los ministerios y en la plaza de los tres poderes en Brasília durante los próximos 33 días. Esta medida fue incentivada por el Gabinete de Seguridad Institucional (GSI) y tiene como uno de los motivadores la realización del Campamento Nacional Indígena:  Tierra Libre (ATL), que tendrá lugar en Brasilia en los días 24 a 26 de abril. No es menester mencionar que el Decreto 5289/2004, que fundamenta la mencionada ordenanza, dispone como acción a ser desarrollada por la Fuerza Nacional de Seguridad, con apoyo de servidores civiles, lo opuesto al que se pretende con el uso de la fuerza, o sea, apoyar las acciones destinadas a proteger a los individuos, grupos y órganos de la sociedad que promuevan y protejan los derechos humanos y las libertades fundamentales.

El ATL es un encuentro de líderes indígenas nacionales e internacionales que busca el intercambio de experiencias culturales y la lucha por la garantía de nuestros derechos constitucionales, como la demarcación de nuestros territorios, acceso a la salud, la educación y la participación social indígena. Nuestro campamento viene sucediendo anualmente desde hace más de 15 años, siempre en forma pacífica buscando dar visibilidad para nuestras luchas cotidianas, siempre invisibilizado por los poderosos. Si es de interés del General Augusto Heleno desalentar el uso de la violencia, que ocupe los latifundios que avanzan sobre nuestros territorios y matan a nuestros parientes.

¿De qué tienen miedo? ¿Por qué nos niegan el derecho de estar en ese lugar? ¿Por qué insisten en negar nuestra existencia? ¿En vincularnos a intereses ajenos a los nuestros? En hablar de nosotros y mentir sobre nosotros?

Nuestro campamento no es financiado con dinero público como dijo el presidente Jair Bolsonaro, es totalmente autofinanciado con la ayuda de diversos colaboradores y sólo sucede por el sudor de tantas y tantos que lo hacen posible.

Desgraciadamente el Gobierno no se dispone a oír y no ayuda con nada, lo que a nuestro entendimiento debería ser su papel. Es necesario acabar con la farra con el dinero público y eso no se hará con la congelación del salario mínimo, o cortes en salud y educación. Se hará con el fin de la corrupción, de los cheques, de  conductores naranjas o de tantos otros escándalos que vemos por ahí.

¡Dejen de incitar al pueblo contra nosotros! No somos violentos, violento es atacar con tropas armadas el derecho sagrado a la libre manifestación, el derecho de ir y venir de tantas brasileñas y brasileños que anduvieron y anduvieron por esas tierras desde mucho antes de 1500.

Que lo sepan: La historia de nuestra existencia, es la historia de la tragedia de ese modelo de civilización refrendado por el actual gobierno que pone el lucro sobre la vida, somos la resistencia viva, y en los últimos 519 años nunca nos acobardamos ante los hombres armados que querían decirnos cuál era nuestro lugar, ahora no será diferente. Seguiremos en marcha, con la fuerza de nuestra cultura ancestral, siendo la resistencia a todos esos ataques que estamos sufriendo.

¡Dígale a los pueblos que avancen!